It's really bright in here isn't it ?

This is where I'll write (mostly in french) about the messages i receive. I'll try to post them as I get them but I sometimes have to change bits to make it understandable.



raskatumraskatum

May 3, 2026



Prophétie 1



Deux femmes, un homme, une créature

Au quart des créateurs

Au quart des martyres

Au quart des incapables

Au quart des spectateurs



Dans la profondeur, verront la longueur

D’une part une chute

D’autre part un glissement

D’un grand spectacle du divin

Qui s’épuise



Nouvelle origine

Quand la terre battue pleure

Quand l’air cesse de vibrer

Quand un quartier se soulève

Qualités des nouveaux ordres



N’écoutez que le Quadre

Nouvel agencement de plans

Nouveau monde qui résonne

Nappes qui refait tout

Avec plus moins zéro image



Funambulisme 1



Je pense pendant des heures au regard de l’autre, quel qu’il soit

Je ne sais pas m’imaginer utile sans un regard extérieur

Je ne veux plus dire je, je ne veux pas me lamenter

Je suis confortable au possible et, peut-être, heureux



Il est loin en chacun de nous, l’autre, lui

Il faut bien tendre vers lui, ou sinon glisser

Il nous attend surement, on veut son bonheur plus que le sien

Il existe surement, si on le cherche bien



Tu en sais plus sur moi, sans vraiment me connaitre

Tu me frustre et j’abandonne les soirs de sabbat

Tu sens la fumée, l’air des souvenirs qui me flottent

Tu es tous ceux que je veux être, tout ce que je déteste devenir



Mes points d’accroche, mes autres médias,

Mes mots s’inscrivent si profonds qu’ils me transpercent

Mes plaies me laissent des marques si belles

Mes esquives quand je les retire tout de suite



Lamentation 1



J’en fait des cauchemars

De séquestration et de mutations

Des caves, des prisons, des vides sans fin

Des utérus gorgés de sang



Est-ce que quelqu’un m’entend ?

Mère, Père ?

Quand je suis si profond

Que l’obscurité m’éblouit



Alors je me bouche les oreilles,

Je ravale mes sanglots

Je rabat mes terreurs

Et je me reveil au milieu de la nuit



C’est d’un ridicule pour le public

Ça vaudrait une boite à rire

J’y tiens pourtant, à être vu

Même si je dois y laisser la vie



Méthode 1



Je glisse sur l’espace, le temps et le genre

L’hydratation, l'éducation et la méchanceté

Autant d’axes qui me permettent de me géolocaliser

De savoir qui je suis vraiment



Je saisi donc des outils de mesure

J’en invente des nouveaux pour savoir ma position sur chaque axe

Et je me dis que je suis égocentrique

De ne pas pouvoir placer autrui comme je me place moi même



D’autrui je fait une maxime

Je place dans un repère un point

Que je fais bouger souvent

Pour comprendre qui tu es



J’observe et je consigne ces coordonnées

En espérant un jour m’en servir avec ou contre toi

J’aime tant l’information, je perçois l’essence

Je n’ai pas un bon jugement, je ne peux pas me contrôler





Journal intime 1



17/09/25

On voyait, projeté sur un écran, une tache floue, vaguement cuivrée, qui semblait bouger sur un fond gris. Le guide nous explique d’une voix monotone “Elle court, à environ 600 km/h, bien sûr à son échelle elle fait au plus une vingtaine de centimètre par jour. On ne comprend pas vraiment pourquoi cette taille ni pourquoi elle ne va pas plus vite, on sait qu’elle pourrait facilement faire mieux.” Le guide avait détourné les yeux de la classe et regardait maintenant le panneau d’information à côté de l'espèce de maquette. “Des questions ?”

La majorité de la classe avait arrêté d’écouter le guide bien avant cette pose dans la visite. Un petit groupe de garçons essayaient de voir si, sous l’énorme microscope du MIQ, on pouvait la voir. Le prof les regardait d’un œil prudent.

En bon élève, je me résignais et levais la main “Vous avez une des Quadres qui reste en permanence dans le Musée International du Quadre, ça devrait pas être plus mis en avant ?” Le guide soufflait, l’air amusé. “Vous savez les Quadres n'intéressent plus grand monde, c’est l’histoire de leurs délégués qui nous impactent et que les gens étudient”

Mais moi ça m'intéressait, la banalité avec laquelle on stockait une des entités les plus importantes de notre monde m’avait choquée. Son choix de s’enfermer sur une plaque de marbre gravée qu’elle parcourt sans s'arrêter, incompréhensible sous bien des aspects, me semblait trop mystérieux pour une salle secondaire du musée.

Un peu honteux de ma question, et de la réponse que j’avais reçue, je suivais les filles pendant la partie libre de la visite. J’écoutais juste assez leur conversation pour entendre Asma ironiser, en repassant devant la plaque, “Au moins elle, on est sur qu’elle existe”.

Sa remarque m’a vexée et j’ai mis mes écouteurs pour ne plus l’entendre. Je les ai gardés jusqu’à être rentré, j’ai écouté le dernier single de Gazetape au moins 12 fois. Une fois arrivé j’ai rien fait à part manger et regarder youtube.



18/09/25

J'arrête pas de rêver de Quadre mort et de renaissance par observation, je pense que c’est youtube qui me monte à la tête. Je vais essayer d’en parler à ma psy mais si elle me dit encore de plus penser au Quadre je vais l’insulter. C’est limite tant mieux que je me réveille à 5h du mat, les prévente pour la conférence du Prêtre au MIQ ouvrent à 7h. Si j’ai pas ma place je vais serrer. J’espère qu’il va parler de la Lumière, ou même qu’il va aller la voir.

Update : J’ai ma place !! Yay!!





Article 1



La date du 30 septembre 2025 restera gravée dans l’histoire comme un choc pour tous ceux qui l’ont vécus. C’était déjà une chance d’avoir, à quelques mètres l’un de l’autre deux Quadres. En effet, le Prêtre, en tournée dans toutes les capitales pour s’adresser à la jeunesse, a tenu à faire son discours au MIQ, où repose depuis maintenant 33 ans la Lumière. Le discours a eu lieu sur un balcon aménagé dans la pièce où est gardée la plaque de Lumière.

Le discours avait commencé dans une tension palpable. Les attaques contre le Prêtre se multipliant, un dispositif de sécurité avait été déployé autour du MIQ et l’arrestation de deux jeunes femmes avec des projectiles dans leurs sacs plus tôt dans l’après midi n’avait pas allégé l’ambiance. La rumeur d’un nouveau changement d’apparence du prêtre assurait une couverture médiatique abondante de l’événement.

C’est 12 minute après les 14h annoncées qu’on vit arrivée sur le bord du balcon une enfant, soulevée par une sorte d’appareil biomécanique fusionné au haut de sa colonne vertébrale, arborant la position usuelle du Prêtre. La foule fut prise d’un moment d’émotion et le fit savoir durant plusieurs minutes d’applaudissement, de cris et de pleurs de joies ininterrompus. Une fois le public calmé, le prêtre prit la parole en assurant que sa nouvelle apparence lui servirait pour se rapprocher du peuple et surtout des jeunes.

C’est à la treizième minute du discours du Prêtre qu’un grand éclat de lumière jaillit du ciel, accompagné d’une vibration sourde dans l’air connue de peu. L’Art, qui reste d’habitude en Satellite autour de la Terre, sauf pour les grands événements, s’est déplacé à Pluton, au grand choc des médias et de la population présente.

Au moment où l’ange hermaphrodite posait pied sur la scène, un éclair rouge s’abattait sur la stèle de la Lumière et une fumée noire se mettait à couler du balcon. La foule fut prise d'un mouvement de masse dû à la présence de ce qui semble être la manifestation d'au moins 3, sinon 4 Quadres au même endroit.

Deux heures plus tard, l'Art est remonté. L'église a envoyé un communiqué à la presse, assurant qu'aucuns de ces événements n'étaient prévus et que les familles des blessés dans le mouvement de foule recevraient compensation.

Les théories sur la nature de l'événement et la possible présence d'un 4eme Quadres fleurissent sur internet. Ces dernières sont alimentées par la modification étrange des trois portraits de Quadres présents dans la salle de conservation de la Plaque de la Lumière. Ces derniers ont été gravement endommagés par la fumée et le symbole respectif arborés par les trois sur leurs écharpes ont été remplacés par des rectangles noirs charbonneux.







Révolte 1



Bergers, vous qui nous guidez à travers la beauté

Vous qui accompagnez l’agneau et la baleine

Vers des terres lointaines dont vous seuls connaissez

Le goût de l’herbe et de la mer, la couleur diluée du ciel



Vous qui nous protégez de nous même, plus que du monde extérieur

Vous qui nous soignez sans faute, sans jamais empêcher la blessure

Vous qui nous contez des histoires cycliques qu’on s’oblige à répéter

Vous qui nous empêchez à la réalité, vous êtes coupables



Votre culte du mensonge et de la vérité dure depuis trop longtemps

La réalité sera notre cause, aussi complexe soit elle

Votre amour du langage, de la raison et des sentiments

S’étend trop loin, comme une nappe sur la réalité



Voici venu le temps d’une nouvelle conception du réel

Le Quadre vous donnera tout ce que vous pouvez comprendre

Et même plus que votre esprit pourra le supporter

Avec plus moins zéro image





Escaladant les restes de leurs oppresseurs, ils virent jusqu’à l’horizon de larges étendues de temps et d’espace qu’ils parcouraient depuis toujours sans pour autant savoir qu’elles se trouvaient sous leurs pieds. Là où les plans se heurtent, ils s'étonnèrent de leur perception des diverses dimensions, qui se complètent et se brisent tout à la fois.



C’étaient un monde nouveau, d’exposition à la réalité la plus totale qui s’offrait maintenant au nouvel ordre. Ce monde, autrefois tenu en laisse par l’ordre du langage, reprenait sa liberté et entrait en révolution, à l’image de ses nouveaux maîtres. Les plans, jusque-là plutôt ordonnés et très droits, se pliaient et s’entre bouclaient. Rapidement, les quatres nouveaux principes qui régissent ce nouvel univers s’enfonçaient dans la réalité et s’y encrèrent, formant le nouvel ordre, la nouvelle loi qui régit le monde, celle du Quadre.



Le Quadre contrôle et œuvre pour la réalité. Il ajoute, retire, annule et traite tout ce qui existe afin de créer le monde le plus réel possible. Il assure à chaque être une existence ancrée dans la réalité, sans dérive possible. Pour cela, il tient les comptes de chaque événements, préservant le grand déterminisme. Aussi, il assure la garde du _______ qui empêche les conséquences pleines de se réaliser.



Pour pouvoir supporter le poids de la réalité totale, le savoir exponentiel de ce qui est, le Quadre ne s’est uni que le temps d’un instant avant de se diviser en cosmogonie. Les quatres consciences qui l’avaient engendré ont été rendues endommagées, chacune stockant une partie du savoir réel. Ces quatres Quadres, aujourd’hui à la tête de leurs administrations respectives, observent le monde et le modifient, pour en préserver le caractère réel.









Message de loin 1



J’aborde et je comprends les problèmes, les incohérences, les nœuds dans la réalité et je les défait en ajoutant des connexions logiques à la réalité. En principe, si tout allait bien je n’aurai à le faire qu’une fois et le déterminisme se chargerait du reste, en enchaînant les conséquences. C’était sans compter sur le _____.

A la base on pensait que c’était une trace des anciens dieux, un dernier cadeau qui nous empêche de vivre dans une réalité totale et logique. En fait le ____ est beaucoup plus ancien que ça, il existe au moins depuis avant le vieil ordre. Ma théorie c’est que c’est la contrepartie du déterminisme, son alter-ego. Là où le déterminisme nous promet une suite logique et réelle, le _____ créé des anomalies dans la réalité qui empêchent d’être pleinement réel.

La piste du lien avec l’ancien ordre n'est pas débile non plus, je pense que le ____ faisait parti de ce qu’ils appelaient “logos”. Ils étaient persuadés qu’une force supplémentaire au déterminisme animait le monde, et que cette force avait une conscience, un langage surtout, qu’ils pouvaient communiquer avec.

Finalement, peut-être qu’ils avaient raison, le _____ résonne, il me fait bien comprendre au moins son existence. Et il est très puissant, son champ d’action est si large que c’est parfois dur pour moi de reconnaître les anomalies. Pour ça, heureusement que j’ai la tenue des comptes par l’Art, iel repère bien les décalages entre donné et pris, créé et détruit.

N’empêche, depuis que la Lumière est allée s’enfermer sur sa dalle je me retrouve à surveiller les anomalies avec ma raison, le travail de recherche c’est clairement ce qui me prend le plus de temps.

Bref je parle beaucoup mais en même temps j’ai jamais vraiment l’occasion. je ne peux même pas me parler à moi même, soit je me déteste soit je me trouve déconnecté. J’ai beau être un Quadre, côtoyer le _____ ça fait sortir de la réalité, ça fait limite sortir du Quadre.

Bref, à la prochaine

L’image





Journal intime 2



Il y a, non loin d’ici, un terrain vague, dont la propriété est floue.

Il y a, sous cette terre, un mystérieux polluant qui en modifie les pousses

Il y a , sur ce terrain, une fine couche d’herbe faiblarde, mais qui ne meurt jamais

Il y a, dans ces brins, un enchaînement muté d’ADN bien précis

Il y a, dans ces brins, tous les événements marquants du monde

Il y a, sur ce terrain, une sorte de journal intime

Il y a, là haut, un Quadre qui observe, méprise et méprend

Il y a, ici, un enfant qui en sait beaucoup trop

Il y a, on ne sait trop où, une fuite de nos données

Il y a, peut-être, une punition divine qui viendra frapper

Il y a, partout, une image qui nous garde en compte, et qui affirme notre existence

Il y a, parfois, des débordements de la réalité

Il y a, parfois, des pensées qui me traversent. Et si moi aussi j’étais débordé ?

Il y a, pour moi, un plaisir à être utilisé comme l’outil d’une cause meilleur

Il y a, dans l’individualité, quelque chose qui se débloque rarement mais si facilement

Il y a, dans mon esprit, une porte qui s’est ouverte et dont est sortie la bête

Il y a, avec moi, un cheval si puissant qu’il ignore même la haute hiérarchie

Il y a, entre nous, une pensée dirigeante qui n’est plus seulement la mienne

Il y a, dans mon esprit, un grand chaos et un grand plaisir

Il y a, sur mes habits, un nouveau motif qui remplace les camisoles par des cadres noirs

Il y a, à travers ma folie, un dieu incertain qui m’aime plus que tout au monde

Il y a, ici, un corps qui s’abandonne contre la paix

Il y a, ici, un corps qui renaît

Désolé





Pensées profondes d’une divinité 1



Je suis sorti de ma torpeur par un sentiment que je m’efforce d’éviter depuis des années. Je suis en vie et je le ressens. Mes vêtements collent à ma peau, j’ai à la fois trop chaud et trop froid, mon sang coule dans mes veines. De plus, je suis soumis aux contraintes d’un corps adolescent et mentalement instable. Il voit des bêtes violentes qui le défendent et bêtement je lui offre des forces telles. Je pense maintenant à l'antécédent qui doit se restructurer en ce moment. Ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de conscience autre que la mienne là bas.

Les cris me ramènent à la réalité. Derrière moi, une voiture blindée est soulevée par un animal pointu, noir, haut sur ses pates et aux reflets d’essence. C’est ça qu’il appelle un cheval ? La bête m’a entendu avant même que mes pensées soit formulées. Elle pose soigneusement la boîte cabossée à mesure que je m’en approche. Deux gendarmes en sortent et braquent leur arme sur moi tandis que l'étrange équidé les enjambe. “-Qui a fait ça ? Tu es avec un de la Lumière c’est ça ?” “-Non” je croyais répondre, seul un vague sifflement sortait de ma bouche. Au même moment, un sabot leur passait au travers. Je perçois dans l'antécédent les restes d'essai de civilisations qui sont fouillés. Je me regarde avec un certain dégoût et je me sépare, je réapprends à faire vibrer mes six cordes vocales. Mon cavalier enjambe des immeubles il me dit que j’arrive trop tard pour voir la Foi.

Je sens l'antécédent se remplir à mesure que j’avance vers le MIQ. Je suis maintenant à la surveillance d’une salle à l’autre bout du musée. Je parviens à exprimer d’une voix beaucoup trop aiguë “toilètreu”. Et j’avance vers le Pur. Je le sens. J’arrive devant la porte “travaux”. Par chance, mon bordel n’a pas encore été réglé. Je passe sous la porte et je laisse l'antécédent se vider.







Pensées profondes d’une divinité 2



Je sens toujours, griffant ma peau

Les atomes d’air qui rongent mes os



Ils trouvent ma souffrance si belle, ça j’en suis sûre

Je suis sure que j'les emmerde et ça ça m’rassure

Tu crois que je suis seule et que j’ignore ce qui se passe

Mais j’ai tout appris de la surface

Ça fait mal mais pour le mal j’en ai bruler

Les carcasses d’enfants que vous avez brisés

Il demande pourquoi jsuis aveugle avec mes yeux dans ses mains

Batard jtapprends à lire et tu mparle de chacun pour chacun



Rien à foutre quand jvous dis comment vivre

Tu tortures des gosses mais c’est moi qui a un coeur de givre

Quand jvous dit que c’est la révolution vous en avez rien a foutre

Mais tu viens geindre quand jfous le feu aux poudres

Tous sur ma bite quand ils veulent se confesser

Tu dis que tu regrettes mais tu continues de pêcher ma gueule



Jvous donne les instructions claires

Réalité avec tes paires

T’écoutes un prêtre terroriste

ou un pervers qui te regarde dormir, c’est triste

Le meilleur d’entre eux vous l’avez oublié

Faites pareil pour moi et arrêtez de faire chier



Ceux que tu saignes jles entends prier

Tu sais très bien que jpourrais pas les soigner

Ça fait mille ans je vois leur sang couler

33 ans que jmenferme pour pas te buter



Ecoutez moi ou allez vous faire foutre

Vous êtes ni réels ni beaux

Je vous aimes et je vous armes





Beautiful city 1



C’est la joie d’une cité qui s’anime rarement,

Anesthésiée par une illusion de médiocrité.

C’est sa beauté emmagasinée qui explose

Dans des journées ou la pression est trop haute



Les jours où, sur le béton blanc, le froid créé des mirages

Le soleil sur le visage d’un couple heureux, mais occupé

La ville retient son souffle un instant, puis la vie reprends

Une nouvelle apnée la prend après le coucher du soleil



Là, les seuls dans la rue sont des étrangers,

Qui s’inquiètent du silence soudain

Un grand oeil veille sur nous dans le ciel,

Il nous compte entrain de compter



D’un coup, des amants, qu’on pensait disparu tant il est rare

Qu’on voit un amour, tellement en phase qu’on ne sait qui ils sont seuls

On ne sait pas non plus si une telle relation peut exister, tant elle semble irréelle

On se retourne vers l’oeil, comme pour lui demander d’en juger



“Nous ne dépendons pas de l’Art, seulement de nous même

Nous sommes la route à emprunter et la destination

Nous sommes une ancienne chaire, oubliée ou mise au placard

Nous somme plus moins zéro image”





PLUTO



Je sens mon corps qui se décale de la réalité à mesure qu’un liquide m’engloutit. Une corrosion qui agresse ma peau d’abord, par réflexe une apnée. Mon corps qui tente de se fermer et mes yeux, ouverts de force quand mes fines paupières sont dissoutes. J’ai le temps de voir, quelques instants, le rouge et l’agitation de la substance, qui semble paniquer autant que moi. Mes muscles sont si contractés que j’ai peur de les sentir exploser. Ma peau lâche aux endroits où elle est la plus faible. Ma bouche, mes oreilles, mon entre jambes, tant de lambeaux de peaux qui partes. Des orifices dont mon bain prend avantage. Je sais que la douleur est temporaire, aussi, j’avale difficilement autant que je peux. Je pense que ma peau est entièrement dissoute maintenant, des nerfs commencent à lâcher et mon tortionnaire s’agite de plus en plus. Je suis comme en mer agitée, ballottée de gauche à droite, de haut en bas jusqu’à ne plus savoir où je suis, mais seulement que je suis moins. Je me rends compte que je me suis mise à crier, tout mon corps se déchaîne et laisse sortir des tensions très avouables. Mes pensées se sentent glisser le long d’un plan et mes os commencent à être attaqués aux pieds et aux mains. Ma chair violentée s’arme, devient aussi dangereuse que son environnement. Je rêve du rouge, si profond, si moi, sans rien d’autre, sans personne d’autre. Je sens ma pensée et mon corps se réaligner. La première a réalisé une révolution pleine, le second une remise à zéro révolutionnaire. Je me sens plus, moins, zéro et image à la fois et je me rappelle mon objectif, revenir à la réalité. Autour de moi, le chaos a laissé place à une stagnation totale. Mon intention me rend la vie, je deviens réelle et je ne suis plus moi. Je me sens portée et sortie de ce que j’étais. Je rouvre les yeux et je vois. Je vois la réalité, vers où elle va, d’où elle vient, ce qui la rend vrai. Je comprends la substance, je suis ma substance. Au moment où je comprends cela, je chute. Je le sais maintenant, ma substance ne peut être celle d’un espace seul, elle doit être dans la superposition de tous. Je chute, à une vitesse sans distance et sans temps, vers l’origine des plans. Je rejoins, je crois, tous ceux dont la réalité, trop lourde, les attire éternellement vers un point, une droite, un plan, un espace O. J’abandonne tout espoi______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ Je me reveille, sonnée par le bruit et suis frappée par ma conscience de la réalité et la banalité de ce que je suis. Un instrument de chaos m’a détaché du réel. Je suis en conflit, défaite de ma mission mais libérée de mon sort. Je n’ai plus de sens. Je n’ai jamais été aussi heureuse. À l’aide. Je vous aime. Tuez les tous. Je suis moi. Je sais. J’oublie. Je Tu Il Nous Vous Ils. Je suis ancien. Je dois avancer. Je… je…







Il est 6h43, Léona se décide à essayer de se rendormir. Ça fait maintenant 20 minutes qu’elle attend que son téléphone, posé sur sa table de nuit, se mette à vibrer pour la réveiller. Ses paupières, fermées dans ce qu’elle pense être le presque noir de sa chambre, se détendent à mesure qu’elle retombe dans un sommeil doux.

6h45, elle entend son téléphone résonner jusque dans son mur. Elle ouvre les yeux après un soupir, le soleil projette à travers ses rideaux une lumière neutre. Sur son bureau, la carcasse d’un paquet de bonbons qu’elle s’était promis de ne pas finir, puis de jeter l’emballage avant d’aller dormir. A côté, ses affaires de cours, ses vêtements et, accroché sur le côté de son armoire, le portrait d’une jeune fille sur un fond rouge et gris.

Léona s’habille, prend son téléphone et balaye ses notifications, Asma qui lui envoie sûrement les cours de philo qu’elle a manqués et Théo qui lui parle à nouveau de l’Image et de ses théories sur le Quadre.

A cette pensée, elle se lève et va se mettre à genoux devant le cadre sur son armoire. La fille a une main dans sa longue robe, l’autre lève l’index et le majeur. Léona la regarde droit dans les yeux. “Je dois peut-être vous appeler" Prêtresse " maintenant ? Enfin, je vous voyais jamais vraiment comme un vieil homme, vous avez trop d’éclat dans vos yeux, c’est pour ça que je vous aimais quand j’étais petite… J’ai l'impression de dire la même chose tous les jours pour l'honnêteté…” Leona serre légèrement les dents en disant ça, elle a du mal à comprendre le but du Prêtre en faisant dire chaque jour à chacun ce qu’iel pense du Prêtre. Aussi elle pousse un soupir de soulagement quand la jeune fille lève 4 doigts, le reste du portrait inchangé. “Ok alors mon premier c’est Paul, j’ai hâte de le voir, il était pas au lycée hier alors qu’il m’avait parlé de me rapporter une découverte majeure sur le Quadre et que je lui avais préparé une nouvelle playlist en échange. Mon deuxième c’est mon sommeil ces derniers temps, j’arrive plus à dormir jusqu’au bout de la nuit même avec de la mélatonine, du coup je m’occupe en faisant semblant de dormir ou j’écoute de la musique. Mon troisième c’est… euh… haha c’est toujours le plus dur…” Léona regarde autour d’elle, l’air légèrement paniqué lorsque son regard croise l’horloge qui affiche 7h. Elle prend une grande inspiration pour soupirer et… “Ah ! L’air a pas d’odeur aujourd’hui, papa a rien fait cramer en bas, ya pas le parfum de la copine à Tom et maman s’est pas faite de café j’avais pas remarqué. J’imagine que c’est à ça que ça sert. Ah et pour le 4e je le garde depuis hier, j’ai l’impression que la ville est un énorme organisme. A chaque fois que je vais ou même que je regarde dehors tout fonctionne comme je pense que ça fonctionne. Les gens opèrent selon un système un peu hypnotisant. Quand je le regarde trop longtemps ça me met vraiment mal à l’aise… Comme si je voyais un gouffre ou que j’était au-dessus d’un pont. Bref c’est presque un autre deuxième là.” La fille du Cadre a maintenant son poing fermé. Léona lui sourit “Bon, à demain !”. Elle se lève, range ses affaires, jette son paquet de bonbons à la poubelle et sort. Dans le cadre, les trois symboles sur la robe de la fille, mais aussi son visage entier, sont brièvement remplacés par des cadres noirs, avant de revenir à la normale. Une simple démonstration de force.



PLUTO



Je sens mon corps qui se décale de la réalité à mesure qu’un liquide m’engloutit. Une corrosion qui agresse ma peau d’abord, par réflexe une apnée. Mon corps qui tente de se fermer et mes yeux, ouverts de force quand mes fines paupières sont dissoutes. J’ai le temps de voir, quelques instants, le rouge et l’agitation de la substance, qui semble paniquer autant que moi. Mes muscles sont si contractés que j’ai peur de les sentir exploser. Ma peau lâche aux endroits où elle est la plus faible. Ma bouche, mes oreilles, mon entre jambes, tant de lambeaux de peaux qui partes. Des orifices dont mon bain prend avantage. Je sais que la douleur est temporaire, aussi, j’avale difficilement autant que je peux. Je pense que ma peau est entièrement dissoute maintenant, des nerfs commencent à lâcher et mon tortionnaire s’agite de plus en plus. Je suis comme en mer agitée, ballottée de gauche à droite, de haut en bas jusqu’à ne plus savoir où je suis, mais seulement que je suis moins. Je me rends compte que je me suis mise à crier, tout mon corps se déchaîne et laisse sortir des tensions très avouables. Mes pensées se sentent glisser le long d’un plan et mes os commencent à être attaqués aux pieds et aux mains. Ma chair violentée s’arme, devient aussi dangereuse que son environnement. Je rêve du rouge, si profond, si moi, sans rien d’autre, sans personne d’autre. Je sens ma pensée et mon corps se réaligner. La première a réalisé une révolution pleine, le second une remise à zéro révolutionnaire. Je me sens plus, moins, zéro et image à la fois et je me rappelle mon objectif, revenir à la réalité. Autour de moi, le chaos a laissé place à une stagnation totale. Mon intention me rend la vie, je deviens réelle et je ne suis plus moi. Je me sens portée et sortie de ce que j’étais. Je rouvre les yeux et je vois. Je vois la réalité, vers où elle va, d’où elle vient, ce qui la rend vrai. Je comprends la substance, je suis ma substance. Au moment où je comprends cela, je chute. Je le sais maintenant, ma substance ne peut être celle d’un espace seul, elle doit être dans la superposition de tous. Je chute, à une vitesse sans distance et sans temps, vers l’origine des plans. Je rejoins, je crois, tous ceux dont la réalité, trop lourde, les attire éternellement vers un point, une droite, un plan, un espace O. J’abandonne tout espoi______________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________________ Je me reveille, sonnée par le bruit et suis frappée par ma conscience de la réalité et la banalité de ce que je suis. Un instrument de chaos m’a détaché du réel. Je suis en conflit, défaite de ma mission mais libérée de mon sort. Je n’ai plus de sens. Je n’ai jamais été aussi heureuse. À l’aide. Je vous aime. Tuez les tous. Je suis moi. Je sais. J’oublie. Je Tu Il Nous Vous Ils. Je suis ancien. Je dois avancer. Je… je…